Apprenons à nous apprécier nous-mêmes

Les exigences élevées que nous nous imposons souvent sont un facteur de stress non négligeable. Lorsque nous les revoyons à la baisse et faisons preuve d’un peu plus de compréhension envers nous-mêmes, l’effet n’en est que plus bénéfique pour nous.

Après la douche, comme chaque matin, c’est le même rituel: d’un oeil critique, elle s’observe dans le miroir, et ce qu’elle y voit ne lui plaît absolument pas, comme toujours. Une poitrine trop modeste, des plis sur le ventre et le visage. Elle a pourtant tout essayé. Mais le message que semble lui renvoyer son reflet est sans équivoque: «tu n’es bonne à rien, pas même à garder la ligne». Voilà qui est de mauvais augure pour le reste de la journée. Et pourtant, Jeanne n’a que 46 ans. 


Vouloir constamment le meilleur et se voir souvent déçu 
Bien sûr, il est facile de comprendre Jeanne. Mais elle est responsable dans une certaine mesure de sa propre déception, car elle s’est elle-même imposé de bien hautes exigences. Ne l’avons-nous pas tous déjà fait? Souvent, nous estimons pourtant qu’il nous faut non seulement remplir les objectifs que nous nous sommes fixés, mais aussi les dépasser. En voici quelques exemples: 

  • Être patient envers nos enfants, quels que soient leurs caprices.
  • Rester éternellement fidèle à notre partenaire, non seulement dans les faits, mais aussi en pensée.
  • Être un bon parent, en pensant autant à notre famille qu’à notre travail, même lorsque la situation professionnelle est tendue.
  • Être toujours tolérant et compréhensif envers les petites manies de notre partenaire, même après une journée de travail stressante.
  • Pour les femmes, parvenir à concilier aisément famille et travail, sans rien concéder en termes d’épanouissement, de charme et d’attirance.
  • Garder constamment le contrôle sur notre personne et notre vie, même lorsque nos problèmes de couple nous tracassent.
  • Rester perpétuellement à jour au travail, alors même que le quotidien nous laisse à peine le temps de reprendre notre souffle.

S’invectiver n’apporte rien

Ne s’agit-il pas là d’aspirations excessivement ambitieuses que nous sommes voués à décevoir? Évidemment, nous souhaitons tous, dans la mesure du possible, apparaître toujours sous notre meilleur jour à tout point de vue. De plus, les publicités dont nous sommes abreuvés à longueur de journée, avec leur idéal de perfection totalement déraisonnable, nourrissent ces hautes attentes que nous avons de nous-mêmes. Elles suggèrent qu’il suffirait d’y mettre un peu du nôtre pour que la vie soit belle et que nous réussissions tout ce que nous entreprenons. Mais qu’en est-il lorsque nous ne sommes pas heureux et que nous n’atteignons pas nos objectifs? À quoi cela peut-il tenir? À nous-mêmes, pensons-nous instinctivement. Nous en tirons alors deux conclusions, toutes deux négatives. La première: «je ne suis bon à rien», ou une de ses variantes: «tu es bête», voire pire encore: «tu es le dernier des imbéciles.» Parfois, nous nous adressons des injures que nous ne laisserions jamais passer de la part de tiers. Mais cela nous apporte-t-il quelque chose? Atteignons-nous de la sorte nos objectifs? En tirons- ous satisfaction? Malheureusement pas. La seconde conclusion que nous en dégageons est la suivante: «tu n’as pas fait assez d’efforts» ou «tu n’as aucune volonté». Et nous en déduisons naturellement que nous devons redoubler d’énergie et tout donner dans l’espoir:

  • de voir nos kilos en trop fondre rapidement;
  • d’accéder à une promotion;
  • de garder notre sang-froid même lorsque la pression est forte;
  • d’avoir toujours le moral ou d’être en mesure de réguler en un tournemain les émotions négatives qui peuvent parfois resurgir.

Tolérance et patience

Se peut-il que nous soyons par moments particulièrement intransigeants à notre égard et que les exigences que nous nous fixons soient bien plus élevées que celles des autres – supérieurs, partenaires ou enfants – à notre égard? Nous pourrions ainsi être nous-mêmes l’une des principales sources du stress qui pèse sur nous. 

Il serait peut-être plus profitable que nous nous accordions de temps à autre davantage de tolérance, de bienveillance, et que nous fassions preuve d’un peu plus de prévenance, de respect à notre égard.

 

La bonne nouvelle, c’est que cela s’apprend. La moins bonne, c’est que cela demande un certain degré de patience. 

 

Accepter ses erreurs et faiblesses, au lieu de se condamner
Bien entendu, on peut également se fixer des objectifs ambitieux. Mais il est parfois plus utile de se faire à l’idée 

  • que personne n’est toujours exactement comme il le souhaiterait;
  • que personne n’a l’obligation d’être toujours parfait;
  • que les idéaux sont bénéfiques et importants, mais qu’ils ne sont le plus souvent pas possibles à atteindre ou alors seulement l’espace d’un court moment;
  • que les erreurs et les imperfections sont autant d’occasions d’apprendre;

  • que l’on peut influencer sa vie, mais pas la contrôler;
  • que les coups du sort et le hasard font partie de la vie;
  • que nous vieillissons, ce qui ne flatte certes pas forcément notre apparence, mais nous permet d’acquérir davantage d’expérience de la vie;

Imaginez que vous acceptiez intérieurement toutes ces affirmations. Quel effet cela vous fait-il? Vous sentez-vous mieux?

L’insatisfaction de soi est-elle désormais proscrite?

L’insatisfaction, le sentiment de n’avoir pas réussi quelque chose aussi bien que nous le souhaitions sont des signaux essentiels. Ils nous procurent en effet la motivation nécessaire pour faire mieux la fois prochaine et constituent l’un des moteurs les plus importants de notre développement.

S’énerver contre soi-même de temps à autre est donc tout à fait normal et nous fait même progresser, mais ce, uniquement si nous y voyons une occasion d’apprendre et nous fixons des objectifs réalistes. En revanche, les monologues destructeurs du genre «je suis une calamité», «je fais peur à voir aujourd’hui» ou encore «je n’arriverai jamais à rien» sont dommageables. Il s’agit alors de les repérer et de les formuler de sorte qu’ils nous fassent aller de l’avant. Ainsi, remplacez: 

  • «je suis une calamité» par «tout le monde commet des erreurs, demande-toi quelles leçons tu peux en tirer»;
  • «je fais peur à voir aujourd’hui» par «je tire le meilleur parti de ma maturité»;
  • «je n’arriverai jamais à rien» par «je peux progresser si je m’y applique».

Ce ne sont là que des suggestions. Le mieux est que vous formuliez vos propres phrases. Prenez le temps nécessaire pour qu’elles vous conviennent bien.

 

S’apprécier davantage

Lorsque, de temps en temps, vous souhaitez vous apprécier davantage, comme cela m’arrive aussi, il pourrait vous être utile de réfléchir aux questions suivantes:

 

  • Quand vous êtes-vous comporté avec obligeance et bonté envers des tiers?
  • Quand vous êtes-vous engagé pour une bonne cause ou pour d’autres personnes, vous êtes-vous efforcé à rendre le monde un tant soit peu meilleur ou à procurer un peu de plaisir à vos prochains?
  • Quand avez-vous réussi à pardonner un peu à quelqu’un qui vous a blessé, mal traité ou a été injuste envers vous et à faire un pas vers lui?
  • Dans quelles situations vous êtes-vous senti plus en harmonie avec vous-même? Qu’avezvous alors fait? À quoi pensiez-vous?
  • Des pensées telles que «personne n’est parfait » vous ont-elles permis de vous percevoir sous un jour favorable, de vous apprécier, ou tout simplement de vous accorder plus de temps pour vous-même?
  • Dans quelles circonstances avez-vous fait preuve de respect, d’attention et d’estime pour autrui?
  • Dans quelles situations avez-vous réagi avec tolérance envers vos propres défauts ou envers ceux des autres?

Nombreux sont ceux qui désirent capter de tels moments positifs et, pour ce faire, les notent et les passent en revue à l’occasion, lors d’un moment de calme. Cela présente l’avantage de nous permettre de mieux nous imprégner de ces instants sereins. De plus, les effets secondaires en sont remarquables: cette sérénité devient peu à peu une partie intégrante de nous-mêmes. Nous nous voyons sous un meilleur jour et sommes plus en accord avec nous-mêmes. Cette image positive accroît nos chances d’agir à l’avenir de telle sorte que nous puissions nous considérer comme des êtres de valeur et être satisfaits de nous-mêmes.

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