Une mère accueille chaleureusement ses deux enfants à la maison.

Là où l’on se sent chez soi

Nous avons toutes et tous un endroit qui nous est cher et où nous nous sentons chez nous. Contrée natale, communauté où l’on a grandi, refuge où l’on se ressource… Ce lieu chéri entre tous est souvent bien plus qu’un point précis sur une carte. Décryptage.

Esther Damas
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   Tout simplement

On se sent bien à la maison.
Tout commence dans l’enfance avec nos premières expériences.
Ces expériences nous donnent sécurité et soutien.
Vous pouvez aussi aider les autres à se sentir bien. À se sentir à la maison.
Les définitions pour décrire ce lieu sont multiples:
C’est là où le souffle de nos souvenirs embaume l’air.
Anke Maggauer-Kirsche
Seul l’étranger nous enseigne la richesse du sol natal.
Theodor Fontane
C’est là où nous comprenons les autres et sommes compris·es en retour.
Karl Jaspers
Quand on s’adresse à moi en anglais à Lucerne en raison de mes origines asiatiques, je ne me sens pas chez moi.
Une Suissesse

Un sentiment né de l’enfance

Le premier chez-soi d’une personne, c’est le lieu où elle fait ses premières expériences sensorielles avec le monde qui l’entoure. Odeurs, saveurs, bruits, images… tout y est normal et rassurant. Enfants, nous vivons notre environnement comme quelque chose d’évident et de juste, ce qui fait naître idéalement un sentiment de familiarité et de sécurité. Ce premier modèle intime servira ensuite de repère tout au long de notre vie.

 

Trois dimensions psychologiques

Que faut-il, d’un point de vue psychologique, pour que cet attachement à un lieu puisse naître? La psychologue Beate Mitzscherlich distingue trois leviers essentiels:
  • 1.    Le sentiment de contrôle
    Je comprends mon environnement et je connais les règles en vigueur. Je m’y retrouve, je sais comment me comporter et agir de manière adéquate.
  • 2.    Le sentiment d’appartenance
    Les personnes qui m’entourent me connaissent et m’acceptent comme leur égal·e. Je me sens lié·e à elles sur le plan émotionnel et je partage leurs valeurs.
  • 3.    Le sentiment de compréhension, d’aisance et de sens
    Je comprends pourquoi je vis ici, je connais mes tâches et je sais comment les accomplir. Globalement, je suis convaincu·e que ma place est ici.
Une illustration présente les trois dimensions de la patrie.

Clés de compréhension

Grâce à ces éclairages psychologiques, les citations en début d’article s’expliquent mieux. Le souffle des souvenirs émane de notre premier chez-nous. Tout semble aller de soi, jusqu’au moment où, loin de notre port d’attache, la nostalgie nous gagne. Nous nous sentons chez nous lorsque nous partageons les mêmes codes que les autres, lorsque nous nous sentons du même monde. Cela explique qu’un «Hello!» même bien intentionné, adressé à une Suissesse qui a des origines asiatiques peut lui donner le sentiment de ne pas être vraiment chez elle.

 

Mieux maîtriser ses liens d’attache

Maintenant que nous connaissons les ressorts psychologiques de notre relation à notre chez-nous, nous pouvons renforcer ce lien et apaiser la tristesse qui nous saisit lorsque nous ne nous sentons pas à notre place.

 

Voici quelques questions pour y parvenir:
  • Puis-je mieux découvrir et comprendre mon environnement?
  • Puis-je créer plus de liens autour de moi?
  • Puis-je changer quelque chose pour que vivre précisément ici ait davantage de sens?
Nous pouvons aussi aider nos interlocuteurs et interlocutrices à renforcer leur lien avec le lieu qui leur sert de point d’ancrage. Par un salut chaleureux aux couleurs locales ou avec un geste bienveillant.